MEXIQUE – BASSE CALIFORNIE – Tikal entre au Mexique

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Nous sommes donc arrivés au Mexique en passant par Tecate et pas Tijuana. Malgré tout l’imaginaire collectif qui englobe Tijuana, nous on avait entendu dire que Tecate avait l’avantage de la rapidité. Tu m’étonnes, Tijuana est la frontière la plus traversée du monde. Donc à choisir…

C’est avec Visiterra et Un p’tit pneu plus loin que l’on prend la direction de la Basse Californie.

Le passage de douane a été super simple. Trop simple. Mais à y repenser, c’était plutôt basé sur la logique de la « Cantatrice Chauve ». Quand même.

Sortir des USA

On nous avait bien précisé qu’en quittant les USA il fallait ABSOLUMENT rendre son petit papier d’entrée sur le territoire américain, faute de quoi on risquait de ne pas être autorisés à revenir aux States.

Nous vous savez, on est consciencieux et disciplinés. Donc avant le passage, on cherche un bureau où déposer le fameux papier. Pas de bureau américain. Tant pis, on cherche alors un petit bonhomme américain à qui donner le papier. Pas de petit bonhomme américain en vue… Ah si, un sur son vélo qui ne semble pas au courant du chmilblik. On lui explique. Il nous répond qu’il va se renseigner. Il part.

C’est long. Je pense qu’il ne reviendra pas.

Il ne revient pas.

Il a dû se perdre dans les couloirs de l’administration de l’immeuble lui-même perdu et que l’on ne trouve pas.

On tombe sur un autre petit bonhomme américain. On lui explique. Et il répond :

« Oh Yes. Of course » (dans la langue de Molière : « Ah oui. Bien sûr »). Il nous prend les papiers des mains et dit qu’il les déposera lui-même.

Hum…

Enfin, s’il ne se perd pas.

On ne sait donc pas trop où ces « supers importants papiers qu’il ne faut pas perdre et absolument rendre » ont fini, mais on est arrivé à la conclusion que c’était juste des bouts de papiers qui ont fini (au mieux) au recyclage.

Bref, on se dirige vers le passage de douane mexicain.

Entrer au Mexique

On avait entendu dire que l’on ne pouvait pas passer avec des aliments tels que légumes, œufs… Il nous restait quelques carottes et des pommes. On ne va pas jeter ça, au pire ils le feront à la douane.

On y va donc. Rebels dans l’âme.

Un gentil monsieur mexicain nous accueille. On switch de langue et je tente de me souvenir des lointains cours d’espagnol du lycée. Bah lointain ça fait très loin.

Mais on s’en sort :

« No perro ? (Pas de chien ?)

– No (Non)

– No gato ? (pas de chat ?)

– No (Non)

(Jusque là ça va, on révise les animaux de compagnie ensemble, c’est bon).

Et puis il se penche sur notre boite-garde-miam-miam et trouve les carottes.

Paf. On savait que ça pouvait arriver. On était préparés psychologiquement. Mais quand même.

On se dit que les carottes sont cuites. Alors qu’elles sont crues. Si elles avaient été cuites ça aurait pu passer. Bref.

On ne panique pas. Il faut paraître maître de la situation.

Le douanier se tourne vers nous et nous dit :

« No es autorisado (En gros « c’est pas autorisé quoi »)

– Ah (Bah « Ah »)

Et puis il repose les carottes dans le panier-miam-miam et ferme la porte du van.

Euh…. Ok. On reste comme des idiots devant lui. Il voit notre regard hagard et notre œil vide d’incompréhension. Hésite puis rajoute :

« Gracias, Adios ».

Donc c’est bon, on peut entrer au Mexique ! Et nos carottes aussi ! La voie est libre !

Oui alors petit aparté pour tous ceux qui passent la frontière terrestre entre les USA et le Mexique :

En effet, on peut remonter en voiture et partir vers d’autres horizons directement. Mais IL NE FAUT PAS ! Oui en réalité il faut faire tamponner son petit passeport et accessoirement payer une carte touristique. Petit bout de papier qui lui est ABSOLUMENT NÉCESSAIRE pour ceux qui veulent voyager au-delà de la Basse Californie (on a entendu trop d’histoire de personnes qui une fois arrivées à La Paz, au sud de la Basse Californie, pour traverser vers le Mexique continental, se rendent compte qu’elles n’ont pas ce fameux papier. Coincées elles sont. Elles doivent faire un aller-retour en avion à Tijuana pour l’obtenir. Il n’est pas possible de le prendre à La Paz).

Donc là on cherche une place pour se garer et chercher le fameux bureau des tampons des passeports. Il n’y a pas de parking. En sortant du passage de douane on entre directement dans la ville. Avec des rues. Etroites. Mexicaines. On trouve finalement.

On revient à pied. On repasse la douane. Normal.

On trouve un bureau. Ca semble être là. On attend. Une petite quinzaine de minutes. Et puis on se rend compte que bah non. C’est pas là !

On fait le tour des autres bureaux. On les soupçonne d’avoir la même organisation administrative que les américains. Mais non, mauvaises langue. On trouve finalement ! Le bureau existe. Et on y retrouve même nos copains de Visiterra et Un p’tit pneu plus loin que l’on soupçonne d’avoir bénéficié de conseils d’orientation privilégiés.

Bref on remplit nos papiers pour la carte touristique. On sort payer dans un autre bureau (précaution face à quelque chose qui doit s’appeler corruption…), avec nos derniers 45 dollars puis on revient (la carte touristique est à environ 22 dollars par personne). Nos petits papiers sont prêts.

Par contre, concernant l’importation temporaire pour le camion, on nous dit que ça se fait à La Paz. (on connait des gens qui l’ont fait à Tecate mais bon… on le fera plus tard, ça ne pose pas de problème pour l’instant).

On repart donc vers le camion. Sauf qu’on n’a pas de sous-sous. Je pars donc à l’aventure en direction d’une banque. Bancomer. La fameuse. Qui porte bien son nom tellement c’est du caca tout plein.

Je mets donc ma carte dans le lecteur. Logique, même au Mexique on fait comme ça. Et j’attends. J’entre mon code. Et j’attends. Puis le montant désiré. Et j’attends. J’attends encore. Longtemps. Trop longtemps.

Et finalement un code erreur windows s’affiche sur l’écran. Ce dernier devient bleu. Puis noir. Puis plus rien. L’Homme informaticien n’est même pas là. Même s’il n’est pas magicien et qu’il n’aurait rien pu faire, ça m’aurait évité un grand moment de solitude.

Ma carte est dedans. Ahahahaha. Je ris. Ca fait 10 minutes que nous sommes au Mexique et ma carte bleue a été avalée par le premier distributeur.

Puis je panique. Un peu.

Bon, la chance dans tout ça c’est qu’il s’agissait d’un distributeur dans une banque et que la banque était ouverte. Et là vient le moment de l’explication de l’aventure à la banquière. Oui alors là savoir dire chien et chat ne me sert pas trop. Finalement. Je galère. Au bout du compte, soit j’ai super bien expliqué (euh…), soit elle avait quelques neurones et elle a compris, mais elle me demande ma pièce d’identité et part. Elle revient avec ma carte bancaire 10 minutes plus tard.

Yes !

On va retirer des sous dans une autre banque, sans mésaventure cette fois, puis on part vers Ensenadena.

La route est plutôt bonne (sauf une partie en travaux) mais très très désertique. On traverse Ensenadena puis on se dirige vers la route de La Bufadora, quelques kilomètres au sud d’Ensenada.

On se pose dans le camping et on boit une bonne bière. On est enfin au Mexique.

(La suite de l’histoire des Carottes, parce qu’on sait que ça vous intéresse : Nous n’avons finalement jamais mangé ces carottes qui ont été oubliées au fond du panier-miam-miam et ont tenté une transformation en Gremlins. Elles ont fini à la poubelle. Mais au Mexique.)

 

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