Un Jour Des Textes 02 – Et pourtant elles dansent

par | 18 Mar 2020 | Inspiration - Humeur, Un Jour Des Textes | 8 commentaires

Le second texte basé sur l’idée de From Yukon, qui sur Twitter, nous a proposé d’écrire un texte quotidien pendant cette période si particulière.

Voilà un petit défi à prendre au jour le jour et que je vais tenter de relever, sans pression et quand j’ai envie : #UnJourDesTextes.

Chaque jour, un nouveau sujet, une nouvelle image, et de nouveaux textes par chaque participant.

Jour 2 : Une Première Fois

Cela fait des heures que nous roulons. La route n’est pas bonne, toute cabossée et pleine de trous. On appelle cela de la tôle ondulée à ce qu’il parait. Mais si, vous savez, ces petites vagues sur la route. Si régulières. Si bruyantes aussi lorsque l’on passe dessus. On en vient à se demander comment elles se forment. Comment une route qui est lisse un jour, devient aussi cahoteuse le lendemain. Mais cella importe peu puisque nous avons rendez-vous Nous le savons. Nous le sentons. Elles seront là.

Cela fait des heures que nous roulons. On ne s’entend plus. Mais le silence nous va bien. Le paysage défile au rythme du moteur et des bosses. La taïga a laissé la place à la toundra. Nous voyons loin devant nous et notre horizon devient infini. Toute comme cette journée.

Cela fait des heures que nous roulons. Il est 22h lorsque nous passons le cercle polaire. Une première pour nous. Mais ce n’est pas celle-ci que nous cherchons. Ce sont elles. Elles qui nous rejondront peut-être quelque part. Elles qui sont timides encore en ces longues journées de fin d’été arctique. Nous serons patients et saurons les attendre.

Cela fait des heures que nous roulons. Il est temps de s’arrêter. Monter le camp et manger. Faire passer le temps pour leur laisser le temps. La nuit arrive enfin. Lentement. Doucement. Le jour s’accroche aux aiguilles de la pendule. Minuit passé et l’horizon est encore éclairé.

Nous avons roulé des heures. Puis nous avons allumé un feu pour nous réchauffer. La pénombre amène la fraicheur avec elle. La lumière du feu nous ravive. Nous attendons encore, tournons notre regard vers le ciel. Il semblerait qu’il y ait des nuages. Pourtant tout était dégagé il y a peu. Et si c’était elles ? Et si enfin, elles étaient arrivées ?

Nous avons roulé des heures. Pour elles. Pour les voir dans ce lieu si particulier. Dans cet espace isolé par-delà le cercle arctique. Et leur présence devient une certitude.

Nous avons roulé des heures. Et elles sont au-dessus de nous. Elles nous bousculent. Les larmes nous montent aux yeux. Elles viennent de si loin. Un long voyage qui a dû les épuiser.

Et pourtant elles dansent.

Nous avons roulé des heures et ce fut un moment inoubliable. Les aurores sont venues. Et elles ont illuminé notre nuit, sans se fatiguer.

Et pourtant elles dansent.

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