BILLET D’HUMEUR : Oser tenter c’est risquer de réussir

par | 21 Déc 2018 | Inspiration - Humeur | 15 commentaires

Un billet un peu personnel. Pour une fois.

 Mais je crois que c’est quelque chose que j’avais envie de partager.

J’ai eu une discussion il y a quelques jours avec une personne qui me connait depuis très longtemps mais que je n’avais pas vu depuis un bout de temps. Je lui ai annoncé que j’avais quitté le métier d’avocat et que je me lançais dans la photo. Et j’étais fière.

Pour dire vrai il m’a fallu beaucoup de courage pour prendre cette décision. Quitter la profession d’avocat, et tout ce qui en découlait, le statut, le salaire et la carrière. Me lancer dans la photo. En faire mon métier. Tenter de l’assumer. Et essayer aujourd’hui de passer outre ce syndrome de l’imposteur.

J’attendais beaucoup de cette annonce à cette personne. Et oui, naïvement une réaction enjouée, des félicitations et encouragements. Bref de la bienveillance.

Mais non, j’ai eu un vague : « Mais pourquoi te lancer dans la photo, c’est totalement fou ».

Ok.

Je me suis sentie comme à mes 18 ans. Comme si ce que je voulais faire était débile. En dehors des réalités. Que je ne n’y arriverai pas. Que je n’avais pas le talent.

Bref ça m’a replongée dans une phase de doutes et de remises en question.

Parce que le regard des autres a toujours compté pour moi. Et parce qu’il a toujours eu un énorme impact sur moi, mon bien-être et mes choix.

Cependant avec l’âge je tente de prendre de la hauteur. Me détacher des autres.

Il faut prendre du recul : se rappeler que ce choix de faire de la photo s’est imposé à moi, que c’est ce que j’aime faire et surtout que c’est ce que je veux faire.

Si je n’y arrive pas tant pis. Mais j’aurais essayé. Et peut-être aurait-il fallu que je fasse ce choix à 18 ans : devenir photographe.

Alors oui, je crois que ce que j’ai ressenti n’est pas un cas isolé. Je pense même que cela arrive souvent sans d’ailleurs que la personne qui exprime si durement son avis soit consciente de l’impact de ses propos.

Et ça remonte à loin en réalité.

« Tu feras de longues études »

Je, Dana, ai donc fait de longues études. Très longues. 8 ans après le bac. Un tunnel bien sans fin dans lequel on s’engouffre quand on a à peine 18 ans. Un tunnel duquel il est compliqué de s’extirper en cours de route.

Mais moi, à 18 ans, j’étais encore un peu perdue dans mes désirs d’avenir. Ou alors avais-je du mal à assumer mes propres envies. Oui parce que dès le plus jeune âge il faut rentrer dans des cases. Suivre les directions imposées.

Par les proches, par les profs, par la société.

Dès petite à l’école, on m’a dit que je ferai de longues études. Oui parce que j’étais bonne élève. Et que donc c’était logique.

Pourquoi doit-on faire de longues études si on a de bonnes notes ? Et d’ailleurs, on peut faire de longues études même si on est un élève moyen en CP. Déjà. Et puis on peut décider de ne pas faire de longues études même si on est premier de la classe.

Si si je vous assure.

Oui parce qu’en réalité, ce qu’on oublie un peu c’est l’envie.

Moi quand j’étais petite par exemple, je voulais être journaliste. Et photographe. Et pourquoi pas comédienne.

Et puis petit à petit, à force que l’on me dise que je ferai de longues, et que j’aurai un vrai métier (photographe ou comédien c’est un hobby, personne n’en vit !) j’ai eu l’impression que cette idée devenait mon propre choix. Ou plutôt que je n’avais pas de choix.

Et puis faire de longues études c’est avoir un beau métier, une carrière et de l’argent. C’est ça la réussite.

« Avoir un beau métier et de l’argent »

Personne n’est à blâmer. Je pense que ce sont des choses assez naturelles dans notre société. Un raisonnement qui est dans la logique de notre mode de vie. Dans la logique de notre système. La réussite c’est souvent l’argent.

Je suis immigrée. Je suis arrivée en France à 4 ans. Partie d’un pays communiste, j’ai découvert les bananes en France.

Oui le fruit. C’est possible.

Je partais de loin donc.

Comment reprocher à qui que ce soit, à mes proches, à mes grands-parents restés en Roumanie, de vouloir pour moi un statut social à l’image de ce pays occidental qui m’a accueillie. Un métier qui soit socialement enviable et qui m’offre un confort matériel qu’une partie de ma famille n’a pas connu.

Mais au-delà de ma famille c’est tout le monde qui pousse dans ce sens.

Les profs, les parents des autres enfants, les amis de la famille, les médias. Bref la société.

« Oui parce qu’il y a des métiers sans avenir »

Certes, il y a des secteurs plus prisés que d’autres. Des domaines dans lesquels il est plus difficile de percer. Mais est-ce pour cela que la personne à laquelle on dit « Non mais laisse tomber, le secteur est bouché » n’y arrivera pas ?

On aurait pu dire à Simone de Beauvoir : « Non mais écoute, il y a déjà des livres qui ont été écrits. D’ailleurs, il y en plein les bibliothèques, le secteur est bouché c’est mort ». Ou a Dorothea Lange : « oh écoute la photo, ça sert pas à grand chose quand même, tu voudrais pas faire un truc utile plutôt ? ». Mais ça aurait été dommage, non ?

Bah c’est pareil pour chacun des enfants qui exprime une envie qui peut sembler originale pour certains. Pourquoi répondre du tac au tac ; « Oh bah non, ce n’est pas un métier ça comédien », « bah non tu ne vivras pas de la photo ».

Et pourquoi pas discuter, comprendre, conseiller et soutenir. Éclairer le choix des ados, leur fournir toutes les informations pour que le choix soit fait en connaissance de cause mais soutenir aussi. Et arriver, ensemble peut-être à un choix. Mais qui soit aussi leur choix.

Bref faire preuve de bienveillance et encourager. C’est important la bienveillance, il semblerait que notre société en manque un peu…

Parce que rien n’est impossible.

Et même si on n’y arrive pas, que l’on tombe, et bien on se relève et on repart.

Au moins on aura osé.

Parce qu’ « il est dur d’échouer. Mais il est pire de n’avoir jamais tenté de réussir » Roosevelt.

Si vous aussi, comme moi et beaucoup d’autres personnes, vous accordez une importance énorme au regard des autres, je vous conseille de regarder cette vidéo : Se libérer du regard des autres.

(qui m’a été conseillée par Chrys du blog Wait and Sea et que je remercie ici de me motiver, me soutenir et me booster !!)

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