Conduire la Dempster Highway : expérience, guide et conseils

par | 5 Jan 2020 | Canada, Sur la route Panaméricaine | 8 commentaires

Date de dernière mise à jour : le 18 avril 2020

Voilà un sacré rêve que nous avons réalisé là, découvrir une des routes les plus mythiques du monde.  De celles que les amoureux de road-trip rêvent de faire. La Dempster Highway ! Ça ne vous parle pas ? Mais si, c’est cette route dans le Yukon et les Territoires du Nord, qui part de Dawson City et finit au bord de l’océan arctique.

Oui voilà, un petit voyage dans le grand voyage de la réalisation de notre documentaire Sauvage !

Pour faire cette route nous avons décidé de partir à deux véhicules avec les copains Des Fenêtres sur le Monde. Cela faisait quelques temps que l’on voyageait ensemble et on a eu envie de faire la route et découvrir les territoires nordiques ensemble, ce qui pour le coup fut une bien bonne idée (si si, on les remercie encore…) !

On vous présente ici notre récit et notre expérience mais aussi un petit guide et quelques conseils pour conduire la mythique Dempster Highway !

Sommaire

Expérience : Le récit de notre voyage jusqu’à l’Océan Arctique

Jour 1 – Un début en douceur…

C’est en fin d’après-midi du 27 juin que nous décidons de prendre la route. Le ciel est de plus en plus chargé par cette fumée qui vient du petit incendie qui a pris il y a quelques jours. Il n’est finalement plus si petit aujourd’hui et sa fumée nous suivra une bonne partie des 2 premiers jours.

Nous partons donc après une journée de boulot à tenter d’utiliser l’internet du Visitor Center (sans grand succès). Mais peu importe l’heure à cette époque de l’année, puisqu’il fait jour tout le temps à ces latitudes… Nous partons donc de Dawson City et remontons la route vers l’ouest pour récupérer l’entrée de la Dempster, à quelques kilomètres. Nous faisons le plein de diesel juste avant de passer le pont, sachant que la prochaine station-service est à plusieurs centaines de kilomètres !

Nous roulons alors quelques kilomètres puis tournons sur un sentier sur la droite pour notre bivouac du soir. Nous parcourons quelques bonnes centaines de mètres entre des arbres étroits. OK, ce n’était pas le chemin le plus rapide, mais on se sent déjà plongés dans l’aventure !

Le spot que l’on avait repéré sur iOverlander est déjà occupé, mais ça ira bien pour cette nuit ! Nous dinons avec Éric et Joana (et nos potes les moustiques qui collent un peu) et filons nous coucher, histoire de partir tôt le lendemain.

Jour 2 – La découverte de la magie des paysages du Yukon

Rejoindre le parc Tombstone

Au petit matin, la fumée est toujours là et l’atmosphère est plutôt étrange. Nous repartons à travers les arbres et reprenons la route. La visibilité est moyenne et cette sorte de brouillard semble s’étendre sur des kilomètres.

Il n’en reste pas moins que les paysages sont magnifiques. Le chemin devient plus vallonné et nous arrivons au Visitor Center du parc territorial de Tombstone.

Le parc territorial de Tombstone

On se tâte à faire une randonnée, mais finalement ce ne sera qu’une balade sur un sentier une petite demi-heure, le temps de se dégourdir les jambes puis reprendre la route. Nous allons tenter de sortir de ces fichus nuages de fumée.

Cela dit, il y a beaucoup à faire au parc et on se dit que l’on se rattrapera bien au retour !

Nous quittons donc le centre interprétatif du parc et continuons notre route vers le nord. Les limites du parc sont encore loin et nous parcourons quelques bonnes dizaines de kilomètres avant d’en sortir.

Les paysages deviennent d’une beauté absolue, les arbres ont laissé la place aux lacs et aux montagnes. Nous prenons un petit rythme, devant nous arrêter régulièrement pour faire des prises de vues et des dizaines de photos.

Finalement, en haut d’une colline, le spot du déjeuner est tout trouvé.

Nous croisons un groupe de Français, en van également, qui nous racontent leur expérience de la Dempster et nous donnent quelques conseils pour la suite.

La route était bonne jusque-là, mais a priori ça risque de changer dans les prochains kilomètres… nous verrons bien !

Pour l’heure, il est temps de continuer notre chemin vers l’Océan Arctique.

La montagne est belle et la route désertique. Seuls quelques voyageurs font le chemin au-delà du parc de Tombstone. Bon, parfois ce sont des voyageurs très aventuriers puisque nous croisons quelques vélos. Il faut s’accrocher sur cette route pour la faire en vélo, le sol est souvent boueux et plein de cailloux… pas vraiment les conditions idéales quand on se fait doubler par les voitures ! Mais il faut dire que le challenge est magique pour qui a les jambes pour le faire !

Pour notre part, le van nous va bien et nous multiplions les arrêts jusqu’à la fin d’après-midi et notre stop pour la nuit. Entre les montagnes et les cailloux, nous trouvons un bivouac qui nous semble sympa. Le cadre est magique, comme partout sur cette route, et nous nous garons puis sortons les chaises.

Nous avions oublié à quel point les moustiques étaient sur le qui-vive… Et finalement, nous abandonnons nos ambitions de longue soirée et nous nous réfugions chacun dans notre véhicule !

Des montagnes et des cailloux

Jour 3 – En route jusqu’au cercle polaire

À la recherche de la faune

Alors que nous nous étions couchés avec la pluie, ce matin ce sont quelques rayons de soleil qui nous réveillent. Il fait encore frais et les moustiques ne semblent pas encore réveillés… Nous reprenons la Dempster Highway, toujours vers le nord.

Les virages se succèdent et les paysages changent doucement. Nous longeons une portion d’eau ferrugineuse et cherchons les mouflons qui parfois sont dans les environs pour faire le plein de sels minéraux. Mais rien, pas un animal en vue.

Hier, en quittant le Visitor Center nous étions bien décidés à voir une montagne de faune et peut-être même de chouettes mammifères (renard, mouflons ou bœufs musqués plus loin vers le nord). Mais, pour l’instant, il faut avouer que nous faisons chou blanc !

Ah si, nous avons bien aperçu au loin un couple de faucons gerfaut et leurs petits, qui nichaient sur la falaise, et quelques canards. Mais c’est tout.

Il n’en reste pas moins que les paysages sont fantastiques et qu’ils justifient facilement les tonnes de pauses photo que nous faisons !

Nous croisons un groupe de touristes français, en voyage de groupe, avec qui nous échangeons quelques mots. Ils sont à la recherche de la faune et semblent avoir été plus chanceux que nous jusque là : orignaux, hiboux des marais

Nous reprenons la route, déterminés nous aussi à voir quelques animaux à 4 pattes !

La rencontre avec un ours

Alors que les arbres avaient quasiment de nouveau disparu, au loin, nous apercevons la fourrure d’un ours ! Un grizzly, enfin !

Nous nous arrêtons quelques instants, le moment est bien trop chouette pour le laisser filer. Il fait sa vie au loin, mange des baies et doucement s’en va. Nous reprenons la route et retombons sur le groupe de Français un peu plus loin. Fièrement, nous annonçons avoir enfin croisé la route d’un ours et pas des moindres, un beau grizzli.

Ils semblent sceptiques et nous disent qu’eux ont vu un ours noir très brun un peu plus bas. Nous sommes catégoriques, pour notre part c’était un grizzli, avec cette couleur, c’est obligatoirement un grizzli !

Nous montrons nos images et… oui bon en fait c’était bien un ours noir. La bosse sur le dos est caractéristique des grizzlis et là… pas de bosse !

Bon… un peu honteux de notre erreur (on ne pensait pas tellement pas croiser encore des ours noirs dans un milieu aussi aride et sans arbres, et d’autant moins avec cette couleur, que l’idée que ça en soit un ne nous a même pas traversé l’esprit !), nous reprenons la route jusqu’à Eagle Plains.

Le parfait bivouac

Petite pause essence (elle est chère, comme prévu) puis nous allons faire un tour au restaurant, au chaud, avec un détour par les toilettes et internet pour nous (nous attendions des mails pour notre projet Sauvage).

Nous repartons en direction du cercle polaire. Nous arrivons au fameux panneau. On est tous super excités d’être arrivés jusque là et de profiter de l’endroit, seuls !

On se pose finalement pour la nuit à quelques mètres de là, avec une vue à tomber sur la vallée.

Arrêt essence à Eagle Plains

Le bivouac de rêve au cercle arctique

Jour 4 – Du cercle polaire à Inuvik

Atmosphère mystique et renard curieux

Au petit matin, la pluie est de la partie et nous quittons doucement le spot de bivouac après les copains Éric et Joana. Nous sommes au nord du cercle polaire et roulons dans la brume. Les paysages oniriques jouent à cache-cache entre les nuages. Cela devait être une sacrée aventure pour les premiers explorateurs du Grand Nord canadien de découvrir ces espaces. Et que dire lorsque l’on sait que des hommes et des femmes premières nations ont fait de ces espaces leur maison, aussi rude puisse y être la vie ! La nuit polaire ne rigole pas dans cette partie de l’hémisphère nord et, à ces latitudes, ce sont des journées sans parfois voir la lumière du jour en plein hiver.

Nous découvrons avec excitation cette partie du territoire du Yukon canadien.

Toujours pas d’animal à l’horizon, mais encore une fois la beauté de ce qui nous entoure nous absorbe bien assez !

Et puis, sur une ligne droite, un beau renard traverse. Curieux, il s’approche du camion, nous examine sous toutes les coutures et attend même que Des Fenêtres sur le Monde nous rejoignent pour faire son show et partir un peu plus loin en chasse. Enfin !! Après l’ours au loin qui ne fut qu’une rapide apparition, nous avons finalement eu un super moment avec un animal trop chouette et bien curieux !

Ces rencontres sauvages….

La nature sauvage nous émerveille à chaque fois et lorsque l’on a la chance de rencontrer des animaux sauvages dans leur milieu naturel, on se sent juste chanceux et reconnaissant.

On repart revigorés sur les routes.

Entrée dans les Territoires du Nord-Ouest

Le temps n’est pas au beau fixe et c’est sous un épais brouillard que nous quittons le Yukon pour les Territoires du Nord-Ouest. C’est à cet endroit qu’il est a priori possible de croiser des bœufs musqués… Mais même s’ils avaient été dans les parages on n’aurait pas pu les voir tant on ne voit pas à 10 mètres !

On continue doucement vers Inuvik, et alors que les nuages disparaissent, les moustiques font leur grand retour.

Nous traversons deux cours d’eau avec les vans puis continuons notre montée, toujours vers le nord. Les arrêts se font moins nombreux, car chaque sortie est une lutte pour ne pas revenir complètement dévorés.

À l’heure de chercher un bivouac pour dormir, nous sommes confrontés aux mêmes soucis, les moustiques sont partout !! Et puis, il faut l’avouer, les spots deviennent moins chouettes.

Nous nous rabattons donc sur un camping à quelques kilomètres d’Inuvik, où nous partageons une place à deux véhicules et pouvons profiter d’une bonne douche chaude !

C’est sous le soleil de minuit que nous décidons d’aller nous coucher.

Jour 5 – La Dempster Highway : de la boue et des fossés

Ce matin, direction Inuvik. Nous nous arrêtons faire quelques courses et tenter de prendre un peu d’internet au wifi… pas gagné ! C’est le jour national du Canada et une fête est prévue au centre culturel. OK, on embarque pour y faire un tour !

On se retrouve dans le hall, il y a de la musique et pas mal de monde.  Étonnant, d’ailleurs, de voir autant de gens alors que cela faisait 5 jours que l’on n’avait quasiment croisé personne ! Musique et muffins au programme. Nous ne nous attardons pas trop et reprenons la route, objectif du jour : Tuk et l’océan !

Quand le 4×4 ne suffit pas

Il pleut encore, et en sortant d’Inuvik sur la nouvelle route qui rejoint Tuktoyaktuk (inaugurée il y a 2 ans seulement, en 2017), les cailloux laissent la place à la boue.

OK, ça glisse bien !

On suit Éric et Joana. Une voiture arrive en sens inverse. Elle est au milieu de la route, c’est toujours plus simple de rouler comme ça quand on est seul. Sauf que là elle ne se range pas de côté. Elle prend toute la place et Éric doit faire une embardée pour l’éviter. Maintenant, elle fonce droit sur nous. Pas le choix, soit on tape de face, soit on sort de la route !! Stéphane donne un coup de volant et nous voilà sur le bas-côté, en pente. Pas moyen de freiner ni de revenir sur la route sans se retourner !! Le van s’arrête finalement, totalement de travers, les roues embourbées.

Nous descendons sans en croire nos yeux. Ce débile a failli nous rentrer dedans !

On se retrouve coincé et le 4×4 n’y fait rien, on ne peut pas bouger au risque de se retourner et de s’enfoncer encore plus…

Éric et Joana décident de repartir dans l’autre sens pour chercher un dépanneur. Pas vraiment le choix, Popo ne peut pas tirer Tikal, il est bien trop lourd….

Nous attendons une bonne heure et demie à ruminer ce que ce chauffeur débile a fait, puis les copains reviennent, nous annonçant qu’eux-mêmes ont eu une petite frayeur sur la route puisqu’ils ont cassé leur courroie accessoire en partant… Décidément !

Nous montons dans Popo en attendant le dépanneur.

Après une demi-heure, Tikal est sorti d’affaire et nous, allégés de 140 dollars !

On peut alors reprendre la route !!

Sur la route de Tuktoyaktuk

Nous repartons doucement, ralentissant à chaque personne que nous croisons. Et c’est un camper dans le sens inverse qui manque de se retourner et sortir de la route… Ouais, cette route est résolument une vraie patinoire par temps de pluie !

Les arbres ont maintenant disparu et après une pause déjeuner, nous roulons jusqu’à l’entrée de Tuktoyaktuk. Il est devenu difficile de dormir dans la ville depuis quelques mois. Un espace d’accueil pour les camping-cars et les voyageurs de passage a été aménagé sur le bord de l’océan, mais le prix nous refroidit : 40 dollars par véhicule la nuit.

Nous dormirons donc un peu avant Tuk, avec une belle vue sur les alentours…

Jour 6 – Au bout de la Dempster Higway, l’Océan Arctique

Découvrir le bout de la route

Au petit matin, il fait un temps magnifique. Le ciel bleu présage d’une belle journée et ça tombe bien puisque c’est le jour J ! Nous reprenons donc la route pour les quelques kilomètres qu’il nous reste et nous arrivons à Tuktoyaktuk. Ce village de pêcheurs à pendant très longtemps vécu isolé. Pas de route et pas moyen de rejoindre cet endroit autrement que par avion.

Et puis, en 2017, cette route, la Dempster Highway qui se finissait à Inuvik, a été prolongée jusqu’au bord de l’océan.

La population de Tuk peut aujourd’hui circuler facilement sur le reste du continent, mais le village est également devenu accessible aux étrangers et visiteurs de passages. D’ailleurs, le bord de l’océan fut un spot prisé des visiteurs pour dormir le plus au nord possible de la Dempster. Mais la population locale a été un peu submergée par cette manière d’envahir leur territoire si longtemps resté paisible. Un camping a alors été créé à cet endroit, ce qui permet de réguler non seulement le nombre de visiteurs, mais aussi de fixer un semblant de cadre pour les visites.

Ce village Inuit accueille pendant l’hiver des ours polaires de passage et puis de la glace, des phoques et probablement quelques baleines. Nous ne voyons rien de tout ça lorsque nous y sommes, même si nous apercevons quelques traineaux et motoneiges sur le bas-côté.

Nous allons donc nous garer par là et découvrons l’Océan Arctique. Un sentiment un peu fou monte à la vue de cette étendue d’eau. Comme si nous ne réalisons pas vraiment que c’est totalement dingue de se trouver là ! Stéphane et moi avons du mal à capturer le moment présent…

Une petite cabane est là et Kelly, pêcheur local, nous accueille. Nous le regardons lever ses filets pour des clients et passons la tête dans la porte alors qu’un feu est allumé et des poissons découpés installés pour être fumés. Nous nous laissons alors tenter par 2 tranches de poisson fumé, à déguster là, sur un banc, au bord de l’Océan Arctique.

Voilà, c’est fait. Nous avons atteint le point le plus au nord.

Et l’océan Arctique….

Dégustation de poisson fumé….

Reprendre la route dans l’autre sens

C’est avec le recul aujourd’hui que certaines émotions nous semblent plus évidentes. Ces moments sont passés en un claquement de doigts et nous avons l’impression de ne pas avoir assez profité de ces instants. Heureusement, les photos sont là et nous aident à faire revivre un peu ces découvertes…

Nous repartons vers Inuvik. Il nous faut faire quelques courses, trouver de l’essence et un endroit où manger.

On retrouve les copains Des Fenêtres sur le Monde chez Alestine pour une pause hamburgers et tacos bien méritée. Puis nous reprenons la route, histoire de sortir d’Inuvik et dormir plus au sud.

Ce sera un spot en bord de route, mais l’avantage étant que l’on n’est pas trop dérangé par le trafic sur la Dempster !

Quelques oiseaux sur la route….

Jour 7 et 8 – Retour vers Dawson City

Les deux jours suivants, c’est un retour vers Dawson. Nous traversons les paysages vus à l’aller en ayant parfois l’impression de les découvrir pour la première fois tant la météo change les perspectives !

Ces paysages sont en constante évolution et les variations de température entre l’hiver et l’été font de la toundra et de la taïga des écosystèmes résistants et surprenants pour nous qui vivons en milieu tempéré.

Aujourd’hui, ces espaces subissent de multiples menaces : changement climatique et principalement réchauffement climatique, fonte du pergélisol, disparition de la forêt boréale dans les incendies, et menaces humaines pour exploiter les ressources minières qui se cachent encore dans les sous-sols. Pourtant la biodiversité y est riche et les animaux comme la flore doivent être protégés pour que ces espaces de la zone arctique survivent…

Au fur et à mesure que nous retournons vers Dawson City et l’épaisse fumée qui est toujours présente du fait de l’incendie tout proche, notre cœur se fait lourd à voir ces paysages menacés par l’homme. 

Malgré tout, c’est une belle lumière qui nous accueille sur Dawson City, centre des chercheurs d’or lors de la ruée vers l’or du Klondike… Mais ça, c’est une autre histoire dont on vous parlera une autre fois.

Demain direction l’Alaska et Fairbanks !

La magie de la Dempster Highway

Image Gouvernement du Yukon : Carte disponible dans le guide.

1. Quelle est la meilleure saison pour conduire la Dempster Highway ?

Il va sans dire que la période la plus facile pour conduire sur cette route jusqu’à l’Océan Arctique est la période estivale. Cela dit, si vous souhaitez éviter les moustiques (on vous assure qu’ils sont voraces ces coquins…), vous pouvez privilégier le début de l’automne (fin aout).

L’automne vous offrira aussi de belles couleurs, mais vérifiez bien que le parc de Tombstone est encore ouvert si vous souhaitez y faire un tour ! Et puis en automne, sachant que la nuit sera revenue, vous aurez de fortes chances de voir des aurores boréales.

L’hiver toutefois, cela semble être une autre paire de manches et la découverte de ces territoires enneigés doit être fabuleuse, mais reste réservée à des gens expérimentés et ayant une bonne connaissance de la conduite sur des routes glacées (il ne faut pas oublier d’avoir également un bon chauffage, parce que l’hiver dans ces coins ça ne doit pas rigoler…) Cela dit, une petite balade sur la toundra glacée avec un traineau ne serait pas de refus…

Peu importe la saison que vous choisissez, du printemps à l’automne, n’oubliez pas de vérifier les prévisions météo en amont. Passer 1 semaine sous la pluie ce n’est pas le plus fun d’autant que la route devient glissante et les vues bouchées… Les conditions climatiques changent rapidement, mais autant vérifier en amont ce dans quoi on se lance !

Nous avons eu, pour notre part, toutes les météos et on en a pris plein les yeux. À l’aller, les nuages nous bouchaient la vue sur certaines portions ce qui nous a offert de belles découvertes au retour. L’impression de conduire sur une toute nouvelle route, et c’était bien chouette !

Toujours est-il qu’au bord de l’Océan Arctique il fait frais, même en plein été ! Pas de grand froid en juillet et aout, mais les températures sont malgré tout très basses et le vent de ces grands espaces est pour le moins vivifiant !

2. Avec quel véhicule partir sur la Dempster Highway?

Nous sommes partis avec notre propre véhicule, notre brave Tikal, un Iveco Daily 4×4 de 1998. Non, le 4×4 n’est pas du tout obligatoire sur cette route ! Beaucoup de voyageurs le font en véhicule lambda. Il faut juste savoir que par endroit ce sont de bonnes portions de tôle ondulée qui vous attendent… La solution ? Il n’y en a pas vraiment ! On a tout essayé, et cela reste une bonne partie de vibration et tremblotement dans le van !

On vous conseille dans ces cas de dégonfler les pneus, ne pas rouler trop doucement (ni trop vite parce que ça peut glisser) et puis faire des stops pour admirer la nature et les beaux paysages (ça repose les oreilles) !

3. Peut-on partir sur la Dempster Highway avec un véhicule de location ?

Cette route n’est pas anodine, pas ou peu goudronnée, elle est pleine de cailloux, parfois de boue et donc de risques pour le véhicule. À notre connaissance, les loueurs de voitures et de camping-car sont plutôt récalcitrants face à ce genre de territoire et il est souvent interdit d’utiliser le véhicule de location sur ces routes. Cela dit, nous avons croisé un ou deux véhicules de location, cela peut donc peut-être se négocier avec l’agence de location (ou alors cela se tente aux risques et périls des voyageurs ?)

N’hésitez pas à vous renseigner directement auprès de votre loueur !

4. Où faire de le plein d’essence sur la Dempster Highway ?

Sur la Dempster Highway, le nombre de stations d’essence est limité. Vous pouvez trouver du diesel, de l’essence et un mécanicien au stop d’Eagle Plain (kilomètre 365), à Port McPherson (kilomètre 555) et à Inuvik.

Toutefois, sachez que le carburant y est bien plus cher que dans les stations-service avant d’entamer la Dempster !

Nous vous conseillons donc de partir avec le plein à ras bord et 2 jerricans si possibles. Cela vous permettra de ne mettre de l’essence qu’une fois sur l’aller-retour.

5. Où dormir sur la Dempster Highway ?

Il est évident que vous ne ferez pas la route en une journée et encore moins l’aller-retour ! Il faudra donc dormir sur le chemin et pour cela soit trouver un spot pour poser sa tente, soit pour garer son van ou camping-car.

Et n’oubliez pas de laisser l’endroit où vous dormez encore plus propre que lorsque vous êtes arrivés ! Il faut mieux d’ailleurs ne pas forcément laisser ses ordures dans les poubelles sur la route, certaines débordaient, signe que dans ces zones polaires, le ramassage ne se fait pas souvent. Pour préserver ces territoires, on vous conseille de repartir avec un maximum de vos détritus.

Quant aux bivouacs, on vous assure, ils ne manquent pas !

Si vous utilisez l’application iOverlander (dont on parle ici), vous aurez l’embarras du choix pour trouver des spots et avoir votre espace pour la nuit. Et puis il y a toujours les arrêts que vous pouvez trouver de votre côté, même si à ce jour, la plupart apparaissent sur l’application… Il n’y a pas beaucoup d’autres routes qui partent de la route principale et le hors-piste est à déconseiller (pour le respect des espaces sauvages et aussi pour éviter de se retrouver coincés au fin fond du Yukon ou des Territoires du Nord-Ouest…)

Quant aux campings, il en existe une petite dizaine entre Dawson City et Tuktoyaktuk. Dans le parc de Tombstone ou même vers Fort McPherson ou Inuvik : site internet du parc.

Notre bivouac au cercle arctique reste un sacré souvenir…

Et si vous cherchez du confort, voici quelques idées pour dormir avant et pendant et après la Dempster :

A Dawson City :

A Inuvik :

6. Y a-t-il du réseau sur la Dempster Highway ?

La réponse est globalement NON ! Pas de réseau, si ce n’est à Eagle Plane Hotel (5 dollars les 15 minutes) puis à Inuvik.

Certains conseillent de prendre un téléphone satellite… ça fait cher l’investissement pour une semaine ! Cela dit, en voyageant à 2 véhicules, l’idée de la CB est une bonne solution !

7. Quelles précautions prendre avant de se lancer sur la route de l’Océan Arctique ?

Étant donné qu’il s’agit d’une route extrêmement isolée, cela n’est pas plus mal de prendre quelques précautions en amont :

  • Partir avec 1, voire 2 roues de secours (le conseil des administrations canadiennes est de 2 roues de secours) ;
  • Prévoir au minimum un jerrican avec de l’essence, en plus du réservoir plein;
  • Prendre de la nourriture pour une semaine;
  • Prendre de l’eau en grande quantité, pas facile de se ravitailler en cours de route.
  • Faire les niveaux d’huile, de liquide de refroidissement… avant de partir.
  • Emporter des protections contre les moustiques (ils sont féroces en plein été…)
  • Rouler doucement, surtout lorsque l’on croise des gens. Les projections de cailloux sont monnaie courante sur cette route et repartir avec un parebrise abimé n’est jamais un bon souvenir…

Et ne pas oublier l’appareil photo !!

8. Combien de temps pour faire l’aller-retour sur la Dempster Highway ?

Certains parcourent la route jusqu’à l’Océan Arctique en 4 jours. Cela nous semble bien rapide vu notre rythme de voyage et nos nombreux stops photo !

Pour notre part, nous pensons qu’une petite semaine est un rythme parfait pour profiter des paysages, faire quelques randonnées et puis prendre le temps d’observer.

Donc 6 à 8 jours, selon votre rythme, est une bonne prévision.

Cela dit, si vous faites le voyage en vélo comme certains aventuriers que nous avons croisés, vous aurez probablement besoin d’un peu plus longtemps !

9. Que faire en route ?

La route est déjà un voyage en soi, mais les stops sont nombreux notamment dans le parc territorial de Tombstone. Accessible en quelques heures depuis Dawson City, il peut être une destination à lui seul si vous ne souhaitez pas aller plus au nord.

Au programme : randonnée, randonnée et bivouacs dans les terres isolées du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest.

Et puis plus au nord, les randonnées ne sont pas évidentes partout, étant donné que le sol est souvent un mix de boue et de permafrost tout mou, mais il est toujours possible de se balader !

Voici un lien vers un guide pour voir kilomètre après kilomètre les points d’intérêt : Guide pdf du Gouvernement Canadien.

10. Nos 6 commandements pour conduire la Dempster Highway :

  1. Des jerricans tu rempliras
  2. Des réserves de nourriture tu auras
  3. Une roue de secours tu emporteras
  4. Lentement tu rouleras
  5. Tes déchets tu ramèneras
  6. Ton temps tu prendras

11. Bon alors, cela vaut-il le coup ?

Oh que oui ! Il y a peu de routes qui donnent une telle satisfaction à l’arrivée ! On est si fiers d’arriver sur ce bout d’océan, au bout du monde ! Les paysages de ce périple sont variés, et la route est une belle aventure en soi.

Si c’était à refaire, on n’hésiterait pas une seconde !

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