Comment on est tombé en panne 2 fois en 24h après 5 jours de voyage

par | 24 Août 2018 | Canada, Sur la route Panaméricaine | 4 commentaires

Oui… On ne vous l’a probablement pas raconté ce passage de notre voyage. Celui où on a cru que tout était fini.

Alors que nous étions arrivés au Canada depuis 5 jours.

Nous avions quitté tranquillement les côtes et entrions dans les terres, sur cette longue route qui devait nous emmener en Alaska. Plus de 8000 km d’un bout à l’autre du nord du continent américain. Nous étions le 9 août 2016, débarqué depuis 5 jours sur les côtes canadiennes. Encore frais et pimpants.

Un peu hésitants aussi.

A prendre nos marques dans le commencement de ce voyage de 13 mois. Tikal aussi semblait hésitant. Au démarrage, il couinait un peu. Ca ne s’arrêtait que lorsque l’on avait atteint une petite allure. On mettait ça sur le dos du voyage en cargo, sur le sel ou le stress de se savoir notre maison pour la prochaine année.

Quoi qu’il en soit, ça ne pouvait être rien de grave puisqu’un mois auparavant on avait fait le check-up complet chez Iveco en France…

Et paf,  la Première panne

Ce matin-là, il faisait un soleil de plomb et c’est d’un camping, après une bonne douche chaude, que nous avions repris la route. Par acquis de conscience, quand même, on se décidait à acheter une courroie accessoire.

Histoire de. Au cas où.

Et puis un bon bout de chemin nous attendait.

Comme chaque jour jusqu’en Alaska, nous avions pour objectif de faire dans les 600km (oui alors à 80km/h ça met plus de temps). Il fallait traverser la grande Réserve Faunique la Vérendrye.  Ça ne vous parle peut-être pas mais c’est grand. Comme beaucoup de choses de ce côté de l’océan. Et au milieu s’écoule la route. Une route plutôt plate, avec de petits lacs et de la forêt tout autour. Pas beaucoup de passage ni beaucoup de villes.

L’endroit parfait pour notre première panne.

Et là, c’est le drame

Oui parce que là, après une petite montée, en plein milieu de nulle part, la température du moteur est montée en flèche.

Bim les 100° d’un coup. Aiguille direct dans le rouge. Arrêt d’urgence sur le bord de la route. La courroie n’était plus.

Ah et puis la vis qui maintenait le tendeur de la courroie non plus.

La courroie c’est bon, on a.

Mais qui a pensé à prendre cette vis en rechange dans ses bagages ?

Pas nous.

Je (Dana) suis donc repartie sur le bord de la route, refaire quelques dizaines de mètres en arrière, dans l’espoir de trouver ce bout de vis dans les cailloux. Un peu comme l’histoire de l’aiguille dans la botte de foin… pas un franc succès.

Stéphane en attendant, avait eu le temps de démonter la calandre (oui c’est pratique de devoir enlever les phares pour changer la courroie) et changer la courroie.

Mais comment tendre cette courroie sans vis ? Et finalement, alors que le stress montait (oui il était déjà assez haut mais on était un peu en plein moment de solitude, finalement il y avait encore un peu de marge),

Stéphane a eu la bonne idée de démonter une vis de… la galerie ! et c’était le diamètre parfait !

Et après 3 petites heures, nous reprenions finalement la route, une vis en moins sur la galerie, mais la courroie réparée. Direction Val d’Or.

Vous connaissez Val d’Or ? Bon, on ne connaissait pas vraiment non plus. Mais c’était notre dernière « grosse » ville du Quebec et l’endroit parfait pour passer une nuit.

Une seule normalement.

Petit matin, temps de reprendre la route.

Et hop la seconde panne

On quittait Val d’Or vers 8h du matin.

Mais après au moins… 10 km, perte de puissance. Plus aucune vitesse ne passe.

Tikal n’avançait plus.

On accélérait dans le vide.

C’était parfait. Notre 6ème jour de voyage. Arrêt d’urgence sur le bord de la route. Rien à faire.

Qui a pensé à prendre une boite de vitesse avec soi ? Toujours pas nous ! (il y a des gens qui partent avec une boite de vitesse ?!)

Étrangement, le passage en boite courte se faisait et Tikal pouvait alors repartir. Bon à 30km/h max. Mais repartir un peu quand même. Bref, un petit désarroi collectif s’installait.

Et puis, juste en face de là où nous étions arrêté, il y avait ce magasin spécialisé dans les tracteurs (d’ailleurs si vous voulez un tracteur ou une tondeuse, ils ont plein de choix).

On décidait de tenter notre chance et demander où l’on pouvait trouver un garagiste. On nous regardait avec des gros yeux : personne ne connait la marque Iveco. Ça n’existe pas ici. Au Canada. Nickel.

Malgré tout, le propriétaire étant super sympa (nos yeux brillants ayant peut-être aidé) et il proposa de demander à ses mécaniciens de jeter un œil.

Verdict : c’est probablement la boite de vitesse. Yeah, of course.

Et puis en réfléchissant un peu, il nous dit d’aller voir un spécialiste, qu’il y en avait un dans Val d’Or. Retour dans Tikal, direction le centre de Val d’Or.

A 30km/h.

Retour à Val d-Or

20 minutes plus tard nous étions chez le spécialiste de la transmission.

Toujours de gros yeux face à nous, nous disant : mais on ne va rien pouvoir faire pour vous, c’est un véhicule européen et on ne connait pas. Et puis on n’a pas le temps de regarder aujourd’hui, il faut revenir demain.

Ok !

Oui enfin, pour revenir il faut pouvoir partir !

Et nous, bah on était un peu coincé devant chez eux.

Il était encore trop tôt pour l’alcool fort mais déjà l’heure de la bière.

On décidait de garer Tikal devant le garage et partir faire un tour en ville… à pied du coup.

Et vous savez quoi ? C’est long une après-midi où tu te dis que tu as préparé un voyage pendant 1 an et qu’après 6 jours bah c’est déjà fini. Se dire qu’il va falloir rentrer parce qu’on n’aurait pas les sous de réparer Tikal puis de faire le voyage… Retourner à nos boulots respectifs et juste se dire que ça aurait été chouette de continuer un peu plus loin. Bref une après-midi gaie et enjouée dans un Val d’Or nuageux.

Le lendemain

Après avoir passé la nuit devant le garage, Tikal attendait impatiemment son tour chez le garagiste.

Nous, on n’avait pas trop d’espoir. On le laissait donc se faire ausculter, le temps pour nous de fuir un peu plus loin, histoire de se mettre au vert.

Après 3 bonnes heures de marche, et alors que nous étions sur le retour, une voiture s’arrêta à notre hauteur à toute allure : un des mécaniciens du garage qui nous disait de monter, que c’était fini.

Fini ? Oui ils avaient réparé Tikal !

Arrivés au garage, le patron nous attendait : « bon vous n’allez pas le croire mais c’est une boîte de transfert américaine qu’il a votre Iveco, et la fourchette de sélection qui était cassée, éh bien on l’avait en stock ! »

On était sciés. Littéralement scotché par notre chance !

Le patron a même eu la délicatesse de nous demander si la facture de 400 dollars canadiens n’était pas trop salée. Alors non en fait ! On pensait se faire expédier une boite de vitesse depuis l’Europe alors 250 euros, ça va !! Accolade et sourires rayonnants, on pouvait reprendre la route.

Bref, voici, 2 ans après les faits, l’histoire improbable de nos deux pannes en 24h après 5 jours au Canada.
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